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Commerce artisanal : une seconde jeunesse pour une boucherie Yonnaise

Il y a du nouveau à la boucherie Dutilh de la Roche sur Yon ! Un jeune couple a fait le pari de reprendre ce commerce qui fait référence, en associant tradition et innovation.

Alors qu’il n’était qu’apprenti-boucher, Antoine rêvait déjà de sa propre affaire. Et c’est à seulement 23 ans qu’il dirige sa boucherie, associé à sa compagne Clémence ! S’il a été choisi comme repreneur, c’est sans doute parce que « Jean-Pierre Duthil se voyait au même âge » révèle Clémence. Dans leur commerce, le couple n’a pas l’intention de s’endormir sur ses lauriers. Ils ont des idées fraîches pour vitaminer la boucherie !

Perpétuer un artisanat de qualitéla-roche-ils-lancent-une-application-mobile-pour-acheter-de-la-viande

A l’image de son prédécesseur, Antoine continue de promouvoir une viande de qualité, sélectionnée avec soin. Il propose notamment des viandes de terroir, reconnues pour leurs qualités, comme le bœuf de races Parthenaise ou Blonde d’Aquitaine, le porc français, des agneaux vendéens ou le veau fermier du Limousin, Label Rouge. Un gage de réussite auprès des consommateurs dont les habitudes alimentaires évoluent !

Privilégier les productions locales

Toujours en quête de qualité, mais aussi pour privilégier les circuits courts et les productions locales, Antoine effectue un sourcing de proximité. Un producteur de cailles, situé à quelques kilomètres, vient ainsi de rejoindre la liste des fournisseurs. Pour la carte traiteur et ses plats « faits maison », l’artisan-boucher fait appel à ses voisins boulanger, fromager ou maraîcher. Une recette qui profite à tous !

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Des artisans « nouvelle génération »

Clémence et Antoine représentent les entrepreneurs « bien dans leur temps », à la fois fiers de leur métier traditionnel, de leur terroir et rompus aux nouvelles technologies. Il n’est donc pas étonnant que la boucherie dispose d’un site, qui permet de consulter des recettes, de passer commande, de choisir un colis de viande. Ensuite, il ne reste plus qu’à passer 23 rue Raymond Poincaré pour récupérer les produits commandés au « boucher drive »

Une appli « boucherie » !

L’innovation passe également par le smartphone : une appli a été spécialement conçue pour la boucherie. Une première pour ce type de commerces ! De n’importe où, elle permet de passer commande, de recevoir des promotions et de procéder au règlement par Paypal. Une nouvelle clientèle, toujours en mouvement, est ainsi conquise. Connectés au numérique, à leurs clients et à leur territoire, les artisans d’aujourd’hui retrouvent de l’appétit pour leur activité

Dès l’installation, une activité prometteuse

Présentés par l’ex-patron Jean-Pierre Dutilh, Clémence et Antoine ont commencé en fin août 2017 avec le soutien du Crédit Mutuel par l’obtention d’un prêt d’honneur. Ils ont déjà su convaincre la clientèle existante et commencent à fidéliser de nouveaux clients. Leur installation a été permise par l’aide d’un membre de leur famille, la vente de la maison qu’ils avaient à Haute-Goulaine quand ils travaillaient en Loire-Atlantique et l’octroi d’un prêt d’honneur. Clémence reconnaît que « cela s’est fait naturellement ». « Le fait de conserver le même nom – Boucherie Dutilh – a facilité les choses. »

 Un travail multi-casquettes

CaptureDepuis quelques semaines, le jeune couple est donc à la fois boucher, traiteur, animateur de site internet, gestionnaire, préparateur de commandes, développeur commercial… Il est aussi manager d’équipe et recruteur puisqu’un apprenti, un ouvrier et bientôt, un deuxième apprenti, travaillent à la boucherie. « Nos journées commencent à 6h. Nous effectuons plus de 60h par semaine » précise Clémence sans perdre son sourire. Quand enthousiasme et savoir-faire sont réunis, tout devient plus facile ! Vous passez prendre votre rôti pour dimanche ?

L’artisanat de bouche revient au menu

Reste à espérer qu’il ne s’agit d’un fast-goût mais les métiers de bouche sont à nouveau attractifs ! Les bienfaits sociétaux de cet engouement sont multiples : pour l’emploi, pour la vitalité des centres-villes, pour les économies locales… et pour notre alimentation !

Capture 1Les bouchers ont la cote !

Depuis 2,3 ans, les métiers de bouche suscitent des regards gourmands. Le jeune pâtissier-hipster et le traiteur-végan bénéficient d’une bien meilleure image que le cadre de la Défense ou le consultant abonné à la 1ère classe du TGV. Cela est sans doute dû à la forte audience des émissions télé « Top Chef », « Master Chef » et autre « Meilleur pâtissier de France ». Sans oublier la starisation de certains cuisiniers, pâtissiers, bouchers, chocolatiers, … « L’image de ces métiers a changé et nos CFA font à nouveau le plein » indiquent les responsables des chambres des métiers de l’artisanat.

En quête de nouvelles valeurs

Mais il n’y a pas que l’image qui remet sur le grill l’artisanat de bouche. Les jeunes et les cadres en reconversion qui se tournent vers ces métiers y voient aussi l’opportunité de re-donner du sens à leur activité, de retrouver un ancrage local, de rétablir un vrai lien avec les clients et les fournisseurs, d’être reconnus dans leur activité. Pourquoi s’escrimer sur un PowerPoint que personne ne lira alors qu’il est possible de recevoir des compliments pour ses belles baguettes farine bio ? D’autant plus que ces activités profitent aujourd’hui des nouvelles technologies ! Pour la vente, le marketing et la relation-client, les artisans manient aussi bien le zesteur que les applis, les réseaux sociaux, les plates-formes de création de sites… Du coup, les Chambres de Métiers et de l’Artisanat s’adaptent avec des formations consacrées au numérique, des formations continues ouvertes à des actifs plus âgés en reconversion, des dispositifs pour faciliter les reprises.

Les jeunes repreneurs de la Boucherie Dutilh illustrent ces évolutions !

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